17/02/2012

Marmottan, contre le temps

 Dans l'ombre de Tessa Worley, Anémone Marmottan tente de retrouver son meilleur niveau, celui qui en faisait une prétendante aux podiums, moins d'un an après une double fracture tibia - péroné.Il y a des courses contre le chrono qui durent une minute et se jouent pour des centièmes, le temps d'une manche de géant, et il y a des luttes contre le temps qui englobent une année, loin des classements officiels. Victime d'une double fracture tibia-péroné en mars dernier lors d'un entraînement, Anémone Marmottan a réalisé assez discrètement une convalescente surprenante. Sur les skis dès le stage estival à Ushuaïa, la skieuse de Val d'Isère a semblé tâtonner en début de saison (abandon à Sölden et à Aspen) avant de retrouver une trajectoire ascendante : 21e à Lienz, et 7e à Kranjska Gora, une course remportée par Tessa Worley. «C'est difficile de s'en rendre compte mais c'est très fort ce qu'elle fait », admire le coach Tony Séchaud. Si elle n'a encore jamais goûté au podium, la skieuse de 23 ans a déjà pu y croire assez fort, avec déjà deux quatrièmes places (à St-Moritz et à Arber-Zwiesel) comme points d'appui. « Pour ce week-end, comme pour la fin de saison, je n'aime pas trop me fixer d'objectif en termes de classement, explique-t-elle. Je veux aller chercher mon meilleur ski sur deux manches et je sais que le résultat suivra.

De retour en vitesse à Sotchi

La piste de Soldeu, qui offrira deux géants à ravir les puristes vendredi et samedi, lui arrache déjà un sourire d'impatience : « Elle est magnifique. C'est rare d'avoir des pistes aussi complètes chez les filles en Coupe du monde. On a une grosse mise en action avec un mur d'entrée ; une partie plus plate avec des mouvements de terrain avec lesquels il faut jouer et une partie bien raide pour finir », décrit-elle. Si les douleurs sont toujours présentes, si les conséquences de sa blessure provoquent toujours des gênes au niveau du matériel, Marmottan serre les dents et adapte sa façon de travailler entre deux étapes de Coupe du monde : «Je vais dans la même direction mais je ne peux pas faire ce que je veux, notamment en quantité de travail. Je me fixe des objectifs intermédiaires. Je fais un peu plus attention. J'ai des après-midi kiné mais je n'ai pas à me plaindre. » Si elle manque encore de « kilomètres » en slalom, Marmottan se prépare à retrouver la vitesse avant la fin de saison, pour refermer la parenthèse douloureuse. « Je ferai le combiné de Sotchi, annonce-t-elle. Je ne vais pas dire combien de jours d'entraînement de vitesse j'ai dans les jambes - pas beaucoup -. J'aime bien me mettre au pied du mur. » Celui de la piste Avet, à Soldeu, est idéal pour une géantiste pur jus en quête d'un premier podium. A. T.-C. Journal l'Equipe