| LA FACE DE BELLEVARDE PAR FRANCK PICCARD Franck Piccard: "Je l'ai toujours dans la tête, plus dans les jambes'' Dans les années 90, à la veille des Jeux d'Albertville, on en parlait comme d'une piste des temps modernes mais pour Franck Piccard, médaillé d'argent en descente à 5 centièmes de l'Autrichien Patrick Ortlieb sur cette face rendue mythique par les Jeux olympiques, « c'est toujours une piste d'-avenir. Ces Mondiaux créent une toile de fond qui devrait donner un nouvel élan au ski français, un peu à l'image des Jeux de 1992. » Le premier champion olympique de super G en 1998 à Calgary se réjouit « de ce retour au premier plan de Bellevarde, qui va remettre ses filets, repasser ses habits. » Que lui reste-il de cette journée magnifique, l'un de ses meilleurs souvenirs sportifs? « J'ai à l'esprit tous les détails qui ont précédé et qui ont suivi la course. Mais de la descente proprement dite, je n'ai plus de trace car j'ai skié à l'instinct ce jour-là. » Allez Franck, un petit effort de mémoire ! « J'ai surtout vu défiler mes adversaires directs car j'avais un dossard élevé (n°23), lié à mon mauvais début de saison. De là-haut, le village de Val d'Isère ressemble à une tête d'épingle. » Comment explique-t-il que cette piste soit devenue aussi légendaire? « Il y a l'effet JO et la rareté. On n'a couru que trois fois dessus. À l'époque, Bellevarde préfigurait les pistes d'avenir, très technique avec une grande prise en compte de la sécurité et un dispositif lourd à mettre en place. C'est un concentré de descente de 3 kilomètres sans partie de glisse et avec des passages de légende comme l'Ancolie qui ont marqué les esprits. » Les retouches réalisées au nom de la sécurité pour s'adapter à l'évolution du matériel ne changeront pas son caractère. En février 2008 et l'hiver prochain, le champion des Saisies sera de l'autre côté de la barrière, en observateur avisé. « Bellevarde, je l'ai toujours dans la peau, dans la tête, mais plus dans les jambes. » |